La route continue de faire des victimes en Tunisie. Les derniers chiffres officiels font état d’une augmentation sensible du nombre de décès liés aux accidents de la circulation, révélant une aggravation du bilan humain et des comportements à risque persistants.
Le nombre de personnes décédées dans des accidents de la route a progressé de 5,84% sur l’ensemble de l’année, selon les données publiées par l’Observatoire national de la sécurité routière. Cette hausse, enregistrée entre le début de l’année et la fin décembre, confirme une tendance préoccupante sur le réseau routier tunisien.
La gravité de la situation s’est encore illustrée lors de la dernière journée recensée, marquée par plusieurs accidents ayant causé des pertes humaines et de nombreux blessés. Ces chiffres viennent s’ajouter à un bilan annuel déjà lourd.
L’analyse démographique révèle que les victimes se concentrent principalement dans les tranches d’âge actives. Les personnes âgées de 30 à 44 ans arrivent en tête, suivies de celles comprises entre 45 et 59 ans, puis des jeunes adultes âgés de 18 à 29 ans. Une répartition qui met en évidence l’impact social et économique majeur de l’insécurité routière.
Du point de vue du statut des victimes, les conducteurs restent les plus exposés, représentant plus de la moitié des décès enregistrés. Les piétons et les passagers figurent également parmi les catégories lourdement touchées.
La répartition selon le type de véhicule confirme la vulnérabilité extrême des usagers de deux-roues. Les motocyclettes concentrent le plus grand nombre de décès, loin devant les piétons et les voitures légères. Cette situation s’explique notamment par la prolifération des motos en circulation et le non-respect généralisé des règles de sécurité.
Les causes des accidents soulignent, quant à elles, des comportements dangereux récurrents. La circulation à contresens figure parmi les principaux facteurs déclencheurs, suivie par des pratiques à risque telles que l’ouverture imprudente de portières, la conduite sans permis et le non-respect des feux de signalisation.
Un coût humain et économique alarmant
Au-delà des pertes humaines, les accidents de la route représentent une charge financière considérable. Selon des responsables de la sécurité routière, leur coût annuel dépasse largement le milliard de dinars, traduisant l’ampleur des dégâts économiques et sociaux.
Les statistiques quotidiennes confirment cette gravité, avec des dizaines d’accidents enregistrés chaque jour, causant des morts et de nombreux blessés. Les conducteurs de motocyclettes demeurent la catégorie la plus exposée, dans un contexte marqué par l’absence d’immatriculation d’une large partie du parc roulant et par des comportements assimilés à ceux de piétons sur la chaussée.