La figure de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado a déclaré jeudi avoir remis au président américain Donald Trump la médaille de son prix Nobel de la paix, malgré le rappel du Comité Nobel selon lequel cette distinction ne peut être transférée.
« J’ai présenté au président des États-Unis la médaille du prix Nobel de la paix », a déclaré Machado aux journalistes au Capitole après sa rencontre avec Trump, puis avec des parlementaires. Elle a expliqué avoir remis cette distinction au président américain en signe de « reconnaissance pour son engagement unique en faveur de notre liberté ».
L’Institut Nobel norvégien a indiqué vendredi que le prix de la paix ne pouvait être ni révoqué, ni partagé, ni transféré, après que Machado a évoqué la possibilité de donner son prix 2025 à Trump. « Les faits sont clairs et bien établis. Une fois qu’un prix Nobel est annoncé, il ne peut être révoqué, partagé ou transféré à d’autres. La décision est finale et valable pour toujours », a souligné l’institution.
Le prix Nobel de la paix avait été attribué à Machado pour ses efforts « en faveur de la promotion des droits démocratiques du peuple vénézuélien et pour sa lutte visant à parvenir à une transition juste et pacifique de la dictature vers la démocratie ».
Donald Trump a qualifié de « grand honneur » sa rencontre avec Machado. « C’est une femme merveilleuse qui a traversé tant d’épreuves. Maria m’a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli. Un geste magnifique de respect mutuel. Merci Maria ! », a-t-il écrit dans un message publié sur la plateforme sociale Truth Social, basée aux États-Unis.
Plus tôt, Machado a déclaré devant un groupe de sénateurs démocrates et républicains qu’elle transformerait le Venezuela « du centre criminel des Amériques » en un « bouclier de sécurité pour l’ensemble de l’hémisphère ». « Nous allons sécuriser les institutions, renforcer l’État de droit, ouvrir les marchés et faire revenir l’importante diaspora vénézuélienne qui a beaucoup souffert, mais aussi beaucoup appris », a-t-elle affirmé, selon une vidéo de ses propos partagée par son porte-parole.
Les rencontres de Machado à Washington ont eu lieu après une opération militaire américaine ordonnée par Trump, qui a conduit à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores le 3 janvier. Tous deux ont ensuite été transférés aux États-Unis, où ils sont jugés pour des accusations liées aux armes à feu.
Trump a jusqu’à présent refusé de soutenir Machado pour diriger le Venezuela, estimant qu’elle ne bénéficiait ni du soutien ni du respect de la population vénézuélienne. « Je pense que ce serait très difficile pour elle d’être dirigeante. Elle n’a ni le soutien ni le respect au sein du pays. C’est une femme très gentille, mais elle n’a pas le respect », avait-il déclaré peu après la capture de Maduro.
Il n’est pas établi si son opinion à l’égard de la dirigeante vénézuélienne a évolué depuis qu’elle lui a remis sa médaille du Nobel. Toutefois, la Maison-Blanche a salué jeudi les relations avec les autorités intérimaires du Venezuela à l’occasion de la rencontre entre Trump et Machado.
La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué que des responsables de l’administration américaine, dont le secrétaire d’État Marco Rubio, « ont été en communication constante » avec la présidente par intérim vénézuélienne Delcy Rodriguez depuis la capture de Maduro, qualifiant le gouvernement intérimaire de « hautement coopératif » avec les États-Unis. Elle a cité notamment la vente de pétrole vénézuélien pour 500 millions de dollars et la libération de prisonniers politiques, ajoutant que « le président apprécie ce qu’il observe et s’attend à ce que cette coopération se poursuive ».