Donald Trump a affiché mercredi un optimisme prudent sur l’évolution du conflit avec l’Iran, tout en maintenant la pression sur Téhéran et en laissant planer la menace d’une reprise des bombardements en cas d’échec des discussions.
Lors d’un événement organisé à la Maison Blanche en hommage aux mères de militaires américains, le président américain a assuré que la situation évoluait favorablement du point de vue de Washington.
« Nous nous en sortons très bien avec l’Iran. Tout se passe très bien, et nous verrons ce qu’il adviendra », a-t-il déclaré, affirmant que les autorités iraniennes souhaitaient désormais « conclure un accord » et « négocier ».
Donald Trump a toutefois insisté sur le fait qu’un éventuel compromis devrait répondre pleinement aux exigences américaines. « Nous verrons s’ils sont capables de parvenir à un accord qui nous satisfasse. Nous avons la situation totalement sous contrôle », a-t-il ajouté.
Dans un entretien accordé plus tôt à la chaîne publique PBS, le président américain a détaillé les conditions posées par Washington. Selon lui, tout accord devrait prévoir le transfert aux États-Unis du stock iranien d’uranium hautement enrichi, ainsi que l’arrêt complet des activités menées dans les installations nucléaires souterraines iraniennes.
S’il a estimé qu’une issue diplomatique était « très proche », Donald Trump a également adopté un ton particulièrement ferme. « S’ils acceptent, ce sera terminé. S’ils refusent, nous bombarderons », a-t-il averti, rejetant au passage les informations évoquant la possibilité pour l’Iran de maintenir un enrichissement d’uranium à 3,67 %.
De son côté, Téhéran a confirmé mercredi examiner une proposition américaine transmise par l’intermédiaire du Pakistan. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baghaei, a indiqué à l’agence semi-officielle ISNA que les autorités iraniennes poursuivaient leurs consultations internes avant de transmettre leur réponse définitive.
L’agence iranienne a par ailleurs minimisé certaines révélations publiées par le média américain Axios, qualifiées de « spéculations médiatiques », tout en affirmant que les négociateurs iraniens restaient concentrés sur « la fin complète de la guerre ».
Selon Axios, Washington et Téhéran se rapprocheraient néanmoins d’un accord préliminaire destiné à mettre un terme au conflit et à ouvrir une nouvelle phase de négociations nucléaires.
Le projet actuellement discuté prévoirait une trêve formelle accompagnée d’une période de négociations de 30 jours pour élaborer un accord plus détaillé. Les discussions porteraient notamment sur la réouverture du détroit d’Ormuz, les limites imposées au programme nucléaire iranien ainsi que l’allègement progressif des sanctions américaines.
Toujours selon le média américain, Islamabad et Genève figurent parmi les villes envisagées pour accueillir les prochaines discussions.
Dans le cadre du projet d’accord, l’Iran accepterait un moratoire sur l’enrichissement de l’uranium, tandis que les États-Unis assoupliraient progressivement les sanctions et débloqueraient plusieurs milliards de dollars de fonds iraniens gelés.
Mais plusieurs points sensibles restent en suspens, notamment la durée du moratoire : Téhéran proposerait une période de cinq ans, contre vingt ans souhaités par Washington.