Le spectre de la stagflation plane sur l’économie mondiale, et la Tunisie est en première ligne.
Alors que les tensions au Moyen-Orient et la paralysie du détroit d’Ormuz font flamber les cours de l’énergie, le pays se retrouve face à une équation impossible : une croissance atone couplée à une inflation galopante. Le vieux manuel de gestion des crises a fait faillite ; il est temps de changer de paradigme avant que le chaos ne devienne structurel.
Le constat dressé par le FMI et des experts de renommée mondiale comme Mohamed A. El-Erian est sans appel : nous vivons un choc systémique. La guerre au Moyen-Orient n'est plus un événement extérieur ; elle est désormais intégrée à notre quotidien économique. Pour la Tunisie, l'impact est arithmétique et brutal : chaque hausse de 10 dollars du baril de pétrole par rapport aux prévisions budgétaires se traduit par un surcoût abyssal de 1,6 milliard de dinars.
Le piège de la stagflation : un poison pour les agents économiques
La stagflation n’est pas qu’un mot technique, c’est une "arme de destruction massive" du tissu économique.
Pour les ménages : C’est l’érosion directe du pouvoir d’achat. Le coût de la vie augmente pendant que les salaires stagnent, créant une paupérisation de masse.
Pour les entreprises : C’est l’étau qui se resserre. La hausse des coûts de l’énergie et du fret s’ajoute à une demande intérieure anémiée, sacrifiant ainsi les marges et la pérennité des emplois.
Pour le gouvernement : C’est le dilemme tragique. Faut-il monter les taux pour freiner l’inflation et risquer la récession, ou soutenir l’activité en creusant des déficits déjà insoutenables ?
L’échec des vieilles recettes
Lors de la pandémie de Covid-19 et du conflit en Ukraine, nous avons tenté d'appliquer les solutions traditionnelles : aides publiques ponctuelles, ajustements monétaires classiques et protections sectorielles disparates. Le résultat est sous nos yeux : faillites d’entreprises, crises de trésorerie persistantes et dettes publiques record.
Comme le disait Albert Einstein, « la folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent ». Continuer à appliquer des méthodes inefficaces, contradictoires et obsolètes revient à regarder le navire couler en essayant d'écoper avec une passoire.
Créer le calme au cœur du chaos
La situation est grave, mais elle n'est pas une fatalité. eBonus Market est convaincu qu'il est possible de créer une zone de stabilité au sein de la tourmente, à condition de rompre avec le passé.
L’inflation n’est pas seulement une hausse des prix ; c’est une désorganisation des flux de valeur. Pour neutraliser cette menace, il ne s’agit plus de subir, mais d’inventer une nouvelle approche de la résilience économique. Les solutions de demain ne passeront pas par l’attentisme ou par le repli sur des mécanismes archaïques, mais par une reconfiguration intelligente des échanges, de la digitalisation des activité, de l'alignement des intérêts des différents agents économiques (qui sont naturellement contradictoires) vers un objectif commun..
La menace est réelle, le risque de stagflation est massif, et le temps presse. Cependant, le chaos apporte aussi une opportunité : celle de restructurer notre économie sur des bases modernes et agiles.
Dans notre prochain article, nous dévoilerons concrètement comment, au centre de ce chaos, il est possible de créer le calme et de protéger la valeur ajoutée des entreprises et le pouvoir d'achat des citoyens tunisiens, grâce à une approche inédite.
Ahmed Kemali
