Du 23 au 29 novembre 2025 se déroule la seconde édition des ateliers de l’Institut d’Art Dramatique (ISAD) dans le cadre d’une collaboration avec la direction des Journées Théâtrales de Carthage (JTC).
A ce propos, le directeur de l'Institut supérieur d'art dramatique (ISAD) de Tunis, Abdelhalim Messaoudi souligne que cette collaboration s’inscrit dans une tradition ancrée entre la direction des JTC et l’ISAD précisant que le renforcement de cette collaboration pour la seconde année consécutive vient consolider l’idée que le festival fait partie intégrante de la formation des étudiants de l’Institut.
En effet durant la semaine des JTC, les étudiants sont appelés à suivre les pièces participer dans les rencontres et les ateliers d’une manière active afin d’écrire des critiques ou encore des comptes rendus analytiques explique le directeur en ajoutant que ces travaux sont pris en compte dans l’évaluation des étudiants illustrant ainsi une relation organique entre la formation académique et l’assistance aux différentes activités du festival.
Les ateliers proposés dans l’Institut sont avant tout destinés aux étudiants de l’ISAD mais aussi aux amateurs passionnés du 4ème art ainsi qu’aux étudiants étranges précise Messaoudi signalant que même des professeurs et des professionnels confirmés participent à ces ateliers reflétant que la création artistique ne peut se développer sans apprentissage continue et modestie.
Les JTC sont ainsi une occasion pour les étudiants de l’ISAD de rencontrer directement des professionnels du 4ème art et d’apprendre d’une manière pratique les rouages du métier, un métier où le travail acharné se conjugue avec générosité partage et processus créatif.
Les ateliers théoriques et pratiques proposés au sein de l’ISAD sont aussi une manière de mettre en évidence l’importance de l’ouverture de l’enseignement académique sur le milieu professionnel car les étudiants d’aujourd’hui sont les futurs metteurs en scène réalisateurs acteurs de demain.
Six salles de l’ISAD ont été mobilisées pour accueillir des metteurs en scène nationaux et internationaux confirmés.
Pour la deuxième année consécutive, le metteur en scène russe Igor Yatsco propose un atelier pratique (23-26 novembre 2025) autour de l’action comme essence même de la création théâtrale et du travail de l’acteur. Intitulé « L’action comme essence du théâtre à la lumière des trois canaux du mouvement : physique, psychique et verbal », l’atelier invite les participants à distinguer, organiser et coordonner les trois dimensions du mouvement humain pour renforcer leur présence scénique et la dynamique de jeu.
Dans son atelier (23-26 novembre 2025), l’écrivain irakien Ali Abd Nabi Zidi adopte une méthode interactive entre les participants passionnés d’écriture pour leur dévoiler le processus et les mécanismes permettant de porter un texte de théâtre, écrit sur le papier, à la scène. Il explore comment une idée naissante peut évoluer pour devenir un spectacle vivant soulignant l’importance de l’ancrage du dramaturge dans la réalité et ce qui préoccupe le récepteur d’ici et du maintenant même quand il s’agit d’adapter les textes de la littérature classique. L’atelier repose sur des exercices quotidiens qui aident les participants à développer leur imagination en créant des textes courts. L’atelier se prolonge ensuite à distance via WhatsApp pendant plusieurs mois, et les textes produits peuvent seront publiés sous forme d’un livre collectif.
Le troisième atelier (23-26 novembre 2025) animé par le professeur d’art dramatique égyptien Gamal Yakout s’articule autour des « Techniques d’improvisation ». Les participants explorent les mécanismes de la création théâtrale par l'improvisation, ce qui leur permet de comprendre la nature des personnages, des événements et des conflits, en s'affranchissant des textes pré-écrits.
Le professeur universitaire et critique de théâtre tunisien Mohamed Moumen présente dans son atelier intitulé « Sur la voie de la critique théâtrale » une session de formation répartie sur cinq séances (23-27 novembre2025) autour de l’analyse de la pièce théâtrale. L’objectif est de sensibiliser les participants sur les outils d’analyse d’une pièce théâtrale. L’analyse démarre de la pièce et ses composantes. C'est -à -dire du texte joué pour ensuite s’attaquer à l’écriture scénique. Les participants prendront ainsi connaissance des codes de l'écriture scénique pour en comprendre la structure et découvrir les règles de sa création.
L’artiste grec aux multiples facettes Evdokimos Tsolakidis, fondateur et directeur artistique de l’école « Theatre of Changes », invite les participants dans son atelier « L’acteur et le pouvoir du masque » (24-27 novembre 2025) à vivre une expérience immersive dans la préparation de l’acteur et son jeu. L’atelier se divise en deux parties. La première « Improvisation théâtrale », les élèves développent leur concentration, leur présence scénique, leur imagination et leur connexion à travers des exercices explorant l’espace, les circonstances, les intentions, les objectifs, les obstacles et les conflits. Dans la seconde partie « Le pouvoir du masque », les participants font l'expérience de la transformation en laissant le masque « les habiter ». Grâce à des échauffements physiques, de la musique et une exploration libre de l'espace et des objets, ils découvrent des mouvements et des émotions instinctifs. Le masque devient une présence vivante, guidant l'acteur au-delà de la performance vers la découverte pure, un équilibre entre curiosité et malaise qui révèle la nature transformatrice du jeu d'acteur lui-même.
Après avoir proposé un atelier autour de « L’acteur et son double », le metteur en scène tunisien, figure majeure et incontournable du théâtre arabe contemporain, Fadhel Jaïbi propose une session de formation autour de la mise sen scène. Du 23 jusqu’au 29 novembre 2025, Fadhel Jaïbi invite l’acteur à être à la fois le point de départ et la conclusion du processus créatif. L’atelier ne repose pas sur un texte préexistant, mais sur la création collective d’une situation, d’une question ou d’un premier geste, ouvrant ainsi la voie à une exploration de l'ici et maintenant.
Jaïbi conçoit la mise en scène comme une expérience partagée, une recherche continue pour comprendre l’humain à travers son corps, son comportement et son souffle sur scène. Le rythme, qu’il soit du corps, du silence ou des interactions entre les acteurs, joue un rôle central. L’acteur est vu comme un partenaire qui réfléchit et expérimente, contribuant à l’énergie collective. Cet atelier est une aventure vivante, où l’acteur devient un créateur de sens et où le spectacle se construit progressivement à partir de l'instant présent.
